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    Gérard Berliner - Mon alter Hugo.

     

    La Gloire  

    poème "Quand tu me parles de gloire" Victor Hugo 

     

    Quand tu me parles de gloire,
    Je souris amèrement.
    Cette voix que tu veux croire,
    Moi, je sais bien qu'elle ment.

    La gloire est vite abattue ;
    L'envie au sanglant flambeau
    N'épargne cette statue
    Qu'assise au seuil du tombeau.

    La prospérité s'envole,
    Le pouvoir tombe et s'enfuit.
    Un peu d'amour qui console
    Vaut mieux et fait moins de bruit.

    Je ne veux pas d'autres choses
    Que ton sourire et ta voix,
    De l'air, de l'ombre et des roses,
    Et des rayons dans les bois !

    Je ne veux, moi qui me voile
    Dans la joie ou la douleur,
    Que ton regard, mon étoile !
    Que ton haleine, ô ma fleur !
     
    Laisse-moi t'aimer dans l'ombre,
    Triste, ou du moins sérieux.
    La tristesse est un lieu sombre
    Où l'amour rayonne mieux.

    Ange aux yeux pleins d'étincelles,
    Femme aux jours de pleurs noyés,
    Prends mon âme sur tes ailes,
    Laisse mon cœur à tes pieds !

    Je ne veux, moi qui me voile
    Dans la joie ou la douleur,
    Que ton regard, mon étoile !
    Que ton haleine, ô ma fleur !

    Quand tu me parles de gloire,
    Je souris amèrement.
    Cette voix que tu veux croire,
    Moi, je sais bien qu'elle ment.

     

    Extrait du recueil Les rayons et les ombres, de Victor Hugo (1840)


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